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Politique 5 min read 45m ago

Saxe-Anhalt : une semaine avant le vote

  • L'AfD est créditée de 40 % des intentions de vote en Saxe-Anhalt, contre 23 % pour la CDU, à une semaine du scrutin régional.
  • Un professeur de travaux manuels, Max Heckel, a reçu un avertissement disciplinaire après avoir exprimé en classe son rejet de l'AfD, une affaire désormais portée devant la
  • La CDU exclut toute coalition avec l'AfD comme avec Die Linke, rendant la formation d'un gouvernement potentiellement explosive quel que soit le résultat.
Saxe-Anhalt : une semaine avant le vote

De Halberstadt à Stendal, puis jusqu'à Magdebourg, la même phrase revenait comme un leitmotiv : " Jetzt reicht es uns ! " — " Ça suffit, maintenant ! " Une formule qui dit moins un enthousiasme qu'un rejet : celui des promesses brisées, de la politique migratoire, des arbitrages économiques jugés injustes. À une semaine du scrutin régional du 6 septembre, la Saxe-Anhalt concentre l'attention de l'Allemagne entière — et peut-être de l'Europe. Pour la première fois depuis la fondation de la République fédérale, un Land pourrait être gouverné par un parti qualifié en partie d'extrémiste de droite.

Des chiffres qui donnent le vertige

Les données de la Forschungsgruppe Wahlen sont sans ambiguïté : l'AfD y est créditée de 40 % des intentions de vote, contre 23 % pour la CDU. Un écart abyssal. Pourtant, la même enquête révèle une dissonance frappante : interrogés sur le ministre-président qu'ils souhaitent, 48 % des sondés citent le sortant Sven Schulze (CDU, 47 ans), contre seulement 32 % pour le challenger de l'AfD, Ulrich Siegmund, 35 ans. Et 50 % préfèrent un gouvernement d'État sous direction chrétienne-démocrate, contre 35 % sous conduite AfD. Le vote de liste et le vote de confiance personnelle ne coïncident donc pas — ce hiatus constitue l'une des clés de lecture du scrutin à venir. La campagne régionale en Saxe-Anhalt s'inscrit dans un contexte national agité, comme en témoigne la mobilisation de la CDU à Wernigerode, où le poids des figures fédérales se fait déjà sentir.

Merz, plus présent que Siegmund dans les esprits

Sur les places de marché et dans les rues, un nom revenait avec une fréquence inattendue parmi les électeurs penchant vers l'AfD : celui du chancelier fédéral Friedrich Merz, 70 ans, dont le siège se trouve à deux heures de route vers l'est. Les politiques locales — y compris le duel Schulze-Siegmund, pourtant très couvert par les médias — semblaient, elles, étrangement absentes des conversations spontanées. La colère, visiblement, ne s'arrête pas aux frontières du Land.

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Un instituteur rattrapé par la politique

Le cas de Max Heckel, 40 ans, professeur de travaux manuels à Arneburg, près de Stendal, illustre concrètement la crispation sociale en cours. Il y a quelques mois, des élèves l'ont interrogé en classe sur son attitude vis-à-vis de l'AfD. Sans dissimuler son rejet du parti, il a répondu franchement. Signalé, il a reçu un avertissement disciplinaire formel (Abmahnung) et conteste depuis cette sanction. L'affaire est désormais entre les mains de la justice et a acquis une portée politique. Elle témoigne d'un phénomène plus large : les débats que provoque la montée de l'AfD se déroulent maintenant dans les écoles, les associations, les lieux de travail et les familles.

La question russe

Lors d'une manifestation à Halberstadt en août, certains participants exprimaient ouvertement leur admiration pour la Russie, défendaient la guerre de Poutine et relayaient des éléments de propagande russe. D'autres, plus nuancés, rejetaient l'agression contre l'Ukraine tout en redoutant une escalade et les armes nucléaires russes — refusant que l'Allemagne soit davantage entraînée dans le conflit. Une troisième ligne de fracture concerne l'argent : le sentiment que les mêmes gouvernements qui soutiennent financièrement l'Ukraine procèdent à des coupes dans les dépenses sociales et de santé. Ce sentiment, précise le reporter, n'est plus cantonné à la Saxe-Anhalt.

La compétence économique, argument inattendu de l'AfD

Autre enseignement de la Forschungsgruppe Wahlen : sur la question de savoir à qui l'on fait le plus confiance pour résoudre les problèmes économiques du Land, CDU et AfD sont à égalité parfaite — 27 % chacune. Sur le thème des réfugiés et de l'asile, l'AfD devance nettement la CDU (36 % contre moins de la moitié). Réduire le vote AfD à un simple vote protestataire sans contenu programmatique serait donc, selon ces données, une simplification excessive.

Un après-vote à hauts risques

Quel que soit le résultat du 6 septembre, le scénario post-électoral s'annonce périlleux. La CDU exclut toute coalition avec l'AfD. Mais une résolution de congrès l'empêche également de s'allier avec Die Linke. Si, malgré tout, les chrétiens-démocrates tentaient de former un gouvernement avec le soutien ou la tolérance de la gauche contre une AfD potentiellement presque deux fois plus puissante, ils se placeraient dans une contradiction difficile à justifier devant leurs propres électeurs. Le terme même de Brandmauer — le " pare-feu " contre l'AfD — provoque déjà l'irritation de beaucoup de Saxons-Anhaliens. La question de savoir comment gouverner face à un parti qui rassemble autant d'électeurs restera, quelle que soit l'issue, plus complexe après le scrutin qu'avant.

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