Saxe-Anhalt : Söder galvanise la CDU à Wernigerode avant le scrutin
- Markus Söder a tenu un meeting de campagne devant quelque 500 sympathisants à Wernigerode pour soutenir le candidat CDU Sven Schulze, à deux semaines des élections régionales en
À deux semaines du scrutin régional en Saxe-Anhalt, la CDU a tenu, lundi soir à Wernigerode, un meeting dont elle rêvait : salle comble, applaudissements nourris, rires francs. Quelque cinq cents sympathisants se sont réunis au HKK-Hotel, dans cette ville du Harz, pour écouter le ministre-président bavarois Markus Söder, qui venait prêter main forte à Sven Schulze, candidat tête de liste chrétien-démocrate pour les élections du Landtag.
L'économie comme fil conducteur
D'entrée, Söder a posé le cadre thématique de la soirée. Emplois, prix de l'énergie, bureaucratie, investissements : le patron de la CSU a répété que la priorité absolue restait l'économie. " Je soutiens votre ministre-président ", a-t-il lancé en référence à Schulze, ajoutant qu'en période de difficultés économiques, il importait d'avoir à la tête d'un gouvernement quelqu'un " qui comprend l'économie ". Söder a également plaidé pour que l'Est de l'Allemagne joue " un rôle plus grand " dans le pays, et a suggéré de réorienter une partie des transferts financiers interrégionaux vers les Länder " qui savent bien gérer l'économie " plutôt que vers Berlin. Ces formules ont visiblement touché leur cible dans la salle.
Piques contre Bruxelles et les administrations
Entre deux arguments de fond, Söder a émaillé son discours d'apartés ironiques. Sur l'Union européenne : " De Bruxelles, il vient chaque semaine une nouvelle idée. " Peu après, autre pointe : " Quand je pose une question à ChatGPT, j'obtiens des réponses plus aimables que d'une administration. " La référence à l'intelligence artificielle, présentée comme plus accessible que la bureaucratie d'État, a suscité l'hilarité dans l'assemblée.
Attaque frontale contre l'AfD
C'est sur l'AfD que Söder s'est montré le plus incisif. Il a qualifié la demande, renouvelée par la présidente du parti Alice Weidel lors de son interview estivale sur ARD, d'une sortie de l'Allemagne de l'euro et de l'espace Schengen, de " pire programme économique de destruction que l'on puisse imaginer ". De son côté, le candidat CDU Sven Schulze a pris pour cible le slogan de son rival AfD Ulrich Siegmund, qui se présente en promettant " de retrouver l'ancien pays ". Schulze a retourné la formule : " Quel pays veulent-ils exactement ? " Les années 1990 avec leur chômage de masse et l'absence de places d'apprentissage ? " Ou bien la RDA ? " Il a évoqué le Brocken, visible depuis Wernigerode mais inaccessible aux citoyens sous le régime est-allemand, pour illustrer ce que signifierait réellement un retour en arrière. " Nous ne voulons revenir ni dans les années 1990 ni dans la RDA ", a-t-il conclu sous les applaudissements.
La valeur du mérite, entre conviction et humour
Söder a également abordé la question du mérite, qu'il considère comme " l'un des problèmes fondamentaux de l'Allemagne " : selon lui, " la notion de performance est diabolisée " alors que quiconque accomplit davantage devrait en retirer davantage. Il a ensuite revendiqué l'égalité de dignité entre les diplômes universitaires et les titres de l'artisanat — " Master et Meister sont au moins équivalents " —, avant d'ajouter une saillie qui a déclenché un nouveau fou rire dans la salle : " Bien que je n'aie encore jamais vu un Meister soupçonné de plagiat. "
Économie contre idéologie, mérite contre nostalgie : le meeting de Wernigerode a posé les termes d'une campagne où l'AfD et ses ambitions constituent la principale ligne de fracture. À deux semaines du vote, la CDU a réussi à mettre en scène une unité de façade entre ses ailes bavaroises et saxonnes-anhaltines, devant une salle qui a récompensé l'effort.