UE : 7,2 millions d'emplois garantis
- Une étude Prognos commandée par le patronat bavarois (vbw) estime que les exportations vers l'UE soutiennent 7,2 millions d'emplois en Allemagne, sur la base des données 2022.
- Les exportations allemandes vers les États-Unis ont chuté de 6,1 % au premier semestre 2026, tandis que celles vers la France et les Pays-Bas progressaient respectivement de 7,6 %
- Le PDG de Volkswagen, Oliver Blume, a explicitement cité les droits de douane de l'administration Trump parmi les causes des difficultés actuelles du groupe.
Les exportations allemandes à destination des autres États membres de l'Union européenne soutiennent quelque 7,2 millions d'emplois en Allemagne. C'est la conclusion centrale d'une étude réalisée par le cabinet Prognos à la demande de la Vereinigung der Bayerischen Wirtschaft (vbw), le principal syndicat patronal de Bavière. Ces chiffres, qui portent sur l'année 2022 — les données nécessaires aux exercices ultérieurs n'étant pas encore disponibles —, illustrent à quel point la prospérité allemande demeure indissociable de la demande européenne.
Un socle de 550 milliards d'euros de valeur ajoutée
Au-delà du seul décompte des emplois, l'étude souligne qu'une valeur ajoutée brute d'environ 550 milliards d'euros dépend directement de la demande en provenance des partenaires européens. Les secteurs les plus exposés à cette interdépendance sont l'industrie automobile, la construction mécanique et la chimie. " Les industries clés comme la construction automobile et mécanique bénéficient non seulement le plus fortement de la demande européenne d'importations, mais sont aussi structurellement intégrées dans les réseaux de production européens ", relève le rapport. Cette imbrication productive rend toute perturbation du marché intérieur potentiellement coûteuse pour l'économie allemande dans son ensemble.
La géopolitique renforce l'ancrage européen
Bertram Brossardt, directeur général de la vbw, insiste sur la dimension stratégique de cette dépendance : " Dans une comparaison internationale, l'UE est nettement plus importante pour l'Allemagne que d'autres grands espaces économiques. Elle offre des conditions-cadres stables et fiables, dont l'importance croît encore face aux incertitudes géopolitiques grandissantes. " Il appelle à compléter le marché unique en supprimant les obstacles commerciaux encore persistants, estimant qu'" une Europe économiquement forte est source de croissance, notamment en Allemagne et en Bavière ".
Les États-Unis en recul, la France et les Pays-Bas en hausse
La pertinence de ces conclusions se lit en creux dans les statistiques les plus récentes. Au premier semestre 2026, les États-Unis demeurent, en valeur absolue, le premier partenaire commercial de l'Allemagne avec 73,1 milliards d'euros d'exportations, mais la tendance est nettement à la baisse : selon l'Office fédéral des statistiques (Statistisches Bundesamt), les exportations vers les États-Unis ont reculé de 6,1 % par rapport au premier semestre 2025. Les droits de douane imposés par l'administration Trump pèsent en particulier sur l'industrie automobile. Le président-directeur général de Volkswagen, Oliver Blume, a d'ailleurs explicitement cité ces tarifs douaniers parmi les causes de la situation difficile que traverse le groupe. À l'inverse, les exportations vers la France ont progressé de 7,6 % pour atteindre 63,2 milliards d'euros, et celles vers les Pays-Bas de 9,0 % à 60,5 milliards d'euros, faisant de ces deux pays les premiers marchés européens de l'industrie exportatrice allemande. La Chine, autre grand partenaire traditionnel, connaît elle aussi une tendance au repli des échanges avec l'Allemagne, confirmant le rôle croissant de l'UE comme débouché de substitution.
L'espace Schengen, un atout complémentaire
L'étude ne se limite pas aux flux de marchandises. Elle évalue également les retombées économiques de la libre circulation dans l'espace Schengen — transport de fret, tourisme et travailleurs frontaliers —, et conclut à un effet positif net compris entre 1,5 et 2 milliards d'euros pour l'Allemagne. Ce chiffre, présenté comme une estimation, vient compléter le tableau d'une intégration européenne qui, selon les auteurs, représente un avantage concurrentiel difficile à quantifier dans sa totalité. Dans un contexte où les tensions commerciales extérieures s'intensifient, l'UE apparaît de plus en plus comme le principal rempart économique de l'Allemagne.
More in Économie
→
Économie
Mexique : inquiet de la guerre US-Canada
Économie
Carney annonce des rétorsions douanières
Économie
Taxe sur le sucre : même Cola Zero taxé
Économie
Deutsche Bahn : 8 % des trains annulés
Économie
Les Baléares fuient vers l'Asturie
Économie
Le financement automobile au Brésil progresse de 5,6 % en juillet