⏳ Curating articles…
Économie 4 min read 4h ago

Les Baléares fuient vers l'Asturie

  • Au premier trimestre, un quart des achats immobiliers des résidents des Baléares ont été réalisés hors des îles, contre 21 % l'année précédente selon le ministère du Logement.
  • Avec 4 384 €/m², les Baléares affichent les prix les plus élevés d'Espagne, loin devant Madrid (3 864 €/m²), poussant acheteurs locaux et retraités à se tourner vers d'autres
  • L'Asturie, où le mètre carré s'établit à 1 409 euros, capte 15 % de ces achats délocalisés, mais le président de Coapi Baléares prévient que les prix y sont déjà orientés à la
Les Baléares fuient vers l'Asturie
Les Baléares fuient vers l'Asturie

Ils sont nés aux Baléares, y travaillent, y élèvent leurs enfants, mais achètent désormais leur logement en Asturie, à des centaines de kilomètres de chez eux. Au premier trimestre de cette année, un quart des acquisitions immobilières réalisées par des résidents des îles ont eu lieu dans une autre communauté autonome — et le phénomène s'accélère.

Un exode sans précédent dans le paysage espagnol

Selon les données du ministère espagnol du Logement, ces achats hors région représentaient 21 % des transactions totales l'année précédente. Entre janvier et mars, les résidents des Baléares ont acquis 716 logements — soit 24 % de leurs achats totaux — en dehors de leur archipel. Le taux est le deuxième plus élevé du pays, derrière Madrid où 32 % des achats s'effectuent hors territoire, bien que la capitale présente une configuration spécifique liée aux marchés périurbains. Ailleurs, l'écart est saisissant : le Pays basque affiche 18 %, la Navarre 15 %, tandis que la grande majorité des communautés demeurent sous la barre des 10 %. L'Andalousie ne dépasse pas 3 %.

Des prix qui expulsent leurs propres habitants

L'explication tient en un chiffre. Selon les statistiques notariales de juin, les Baléares sont la communauté autonome la plus chère d'Espagne : le mètre carré y est coté à 4 384 euros, devant Madrid (3 864 €/m²), le Pays basque (3 083 €/m²), et la Catalogne et les Canaries, ex æquo à 2 516 €/m². José Miguel Artieda, président du Collège des agents immobiliers des Baléares (Coapi), résume ainsi la situation : " Beaucoup de gens investissent ailleurs parce qu'ici les prix sont hors de contrôle et qu'ils ne peuvent pas le faire. "

Advertisement
Ad Unit · 728×90 / Responsive

Jusqu'en juin, les ventes de logements avaient chuté de 20 % tandis que les prix progressaient de 16 % par rapport à la même période de l'année précédente, d'après les statistiques notariales. Artieda estime que la capacité financière de l'acheteur local a atteint ses limites. Le mécanisme décrit est celui d'un marché à deux vitesses : les Baléares exportent leurs acheteurs vers des zones moins onéreuses et importent simultanément des acquéreurs étrangers à fort pouvoir d'achat qui alimentent la hausse des prix, rendant la concurrence de plus en plus inégale pour les résidents.

L'Asturie, nouvelle terre promise

Parmi les destinations retenues, l'Asturie s'est imposée comme le choix de prédilection, concentrant à elle seule 15 % des achats réalisés hors province par les Baléares au premier trimestre. Ses atouts sont multiples selon Artieda : des prix nettement inférieurs, un climat tempéré et de bonnes liaisons aériennes avec les îles. Le bouche-à-oreille aurait joué un rôle déterminant dans cette notoriété naissante depuis la fin de la pandémie.

Le contraste tarifaire reste frappant. Le Collège des notaires établit le prix moyen en Asturie à 1 409 euros le mètre carré. Un logement de 90 m² y coûterait environ 126 810 euros, contre 394 560 euros aux Baléares pour une surface équivalente. Parmi les acquéreurs, Artieda cite notamment les retraités qui, à l'heure de quitter la vie active, choisissent de rejoindre des territoires où le coût de la vie est plus accessible.

Toutefois, cette pression migratoire commence à se faire sentir en Asturie : Artieda signale des signes naissants de hausse des prix dans la région. Si la tendance se confirme, la soupape de sécurité que représente aujourd'hui l'Asturie pour les Baléares pourrait à terme se refermer, privant les résidents insulaires de leur dernier recours abordable sur le marché national.

Advertisement
Ad Unit · 300×250 / Responsive

More in Économie

Read in another language

← Home