Frankie Thompson : satire clownesque
- Horrible Things de Frankie Thompson se joue au Pleasance Courtyard d'Édimbourg jusqu'au 30 août, puis au Soho Theatre de Londres du 9 au 21 novembre.
- Le spectacle mêle lip-sync, clownerie et performance art, dont un numéro centré sur une archive sonore de Jacob Rees-Mogg à l'âge de douze ans.","Thompson utilise la voix de Peppa
Dans la cour du Pleasance Courtyard à Édimbourg, Frankie Thompson convoque ses Horrible Things avec la précision froide d'une archiviste du grotesque. Robe à pois, regard allumé, elle orchestre un défilé de souvenirs honteux — les siens, ceux du public — transformés en numéros de lip-sync et en provocations adressées directement aux spectateurs.
Un art du lip-sync érigé en arme politique
Le moment le plus saisissant du spectacle convoque Jacob Rees-Mogg enfant : une archive sonore d'un entretien accordé à l'âge de douze ans, que Thompson incarne avec une expressivité millimétrée. Chaque mot prononcé par le jeune prodige conservateur semble se condamner de lui-même, tandis que le visage de la comédienne, d'une précision quasi chirurgicale dans son timing, livre un commentaire politique que mille articles satiriques n'atteindraient pas. La forme — le lip-sync longtemps tenu pour exercice mineur — révèle ici toute sa puissance subversive.
Clownerie, performance art et terrorisme doux
Thompson, dont l'univers hybride entre clownerie et performance art constitue depuis plusieurs années une proposition scénique à part entière, présente ce spectacle comme une œuvre " en régression " plutôt qu'en progrès — formule annoncée, non sans malice, par la voix de Peppa Pig. Les Horrible Things sont, dans leur grande majorité, d'origine masculine ; les victimes choisies dans le public le sont généralement aussi. Ce parti pris, assumé sans détour, confère à l'ensemble une cohérence acide. Le spectacle se poursuit au Pleasance Courtyard jusqu'au 30 août avant de rejoindre le Soho Theatre de Londres du 9 au 21 novembre.
Pour ceux qu'Édimbourg inspire par ses propositions les plus singulières, la tombola macabre de Daniel McVey explore un tout autre registre de l'étrange sur ce même Fringe.
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