Banaszak face à l'AfD : tension et critique du "Spiegel"
- Felix Banaszak a critiqué la une du Spiegel qualifiant Siegmund Ulrich d'" homme le plus dangereux d'Allemagne ", estimant qu'elle ne produit pas l'effet politique escompté.", "Un
- Banaszak indique ne disposer de protection rapprochée qu'à certaines occasions et refuse de renoncer au contact direct avec les électeurs, y compris dans des zones à forte
Felix Banaszak, 36 ans, président des Verts allemands, a relaté lors d'un entretien télévisé avec la journaliste Pinar Atalay une confrontation physique survenue lors de sa campagne, tout en formulant une critique tranchante à l'égard de la une récente du magazine Der Spiegel consacrée au candidat AfD Siegmund Ulrich.
Une une jugée contre-productive
Le Spiegel avait qualifié Siegmund Ulrich, 35 ans, tête de liste AfD en Saxe-Anhalt, d'" homme le plus dangereux d'Allemagne ". Banaszak a rejeté cette formulation avec vigueur : " Je ne suis absolument pas convaincu par cette couverture, car elle n'a pas du tout l'effet qu'il faudrait en ce moment. C'est du porno de l'épouvante. Ça ne parle à personne. " Le chef des Verts a toutefois tenu à dissiper toute ambiguïté sur le fond : " Je ne suis pas de ceux qui minimisent le danger qu'un parti hostile à la Constitution représente. " Il a illustré son propos en évoquant un militant AfD qui, selon ses dires, aurait agressé un adolescent de 14 ans avec une batte de baseball pour avoir arraché des affiches électorales. " Je ne veux pas que la Saxe-Anhalt soit gouvernée par de telles personnes ", a-t-il déclaré.
Siegmund retourne la situation à son profit
Ce qui a visiblement irrité Banaszak au-delà de la une elle-même, c'est la réaction de Siegmund Ulrich, qui s'est aussitôt emparé de la polémique à des fins électorales en achetant des exemplaires du magazine pour les dédicacer à ses partisans. " Je n'approuve pas cette une, mais je n'approuve pas davantage la banalisation ", a réagi Banaszak, visiblement agacé, fustigeant ce qu'il a qualifié de " petit spectacle amusant " du politicien AfD, consistant à exploiter " avec une belle assurance " une attaque médiatique à son encontre.
Une confrontation physique en campagne
Au cours de l'émission, un extrait diffusé par ntv a montré un homme apostrophant Banaszak à quelques centimètres de son visage : " Ton nom, il est gravé dans ma tête ! " Le chef des Verts a relaté la scène avec une sobriété calculée : " Ça ressemble davantage à une histoire de héros que ça ne l'était vraiment. Mais c'était une situation effectivement tendue. L'homme a levé le bras, et les choses auraient pu mal tourner. " Il a néanmoins refusé de se poser en victime, soulignant sa position privilégiée : " Je suis là ce soir-là et, si ça ne me plaît pas, je peux partir. D'autres non. Ils vivent là. "
Un choix de campagne assumé
Banaszak a revendiqué une méthode de campagne délibérément exposée : " J'ai consciemment décidé de ne pas faire campagne depuis une grande scène, à distance des gens, mais d'aller à la rencontre directe. " Il a ajouté que dans un pays où, selon ses propres estimations, 40 à 45 % des électeurs envisageraient de voter pour ce qu'il désigne comme un " parti hostile à la Constitution ", les confrontations font partie du risque assumé. Il a précisé avoir pu participer à la marche des fiertés de Neustrelitz uniquement grâce à une protection rapprochée — une sécurité dont il ne dispose pas en permanence. " Je ne vais renoncer à personne d'avance ", a-t-il conclu, en référence aux électeurs tentés par l'AfD en Saxe-Anhalt.
La séquence illustre la tension croissante qui caractérise la campagne pour les élections régionales en Saxe-Anhalt, où les propositions radicales de l'AfD ont placé la question de la sécurité des candidats adverses au cœur du débat public.