Sánchez réunit le Conseil de sécurité nationale 26 jours après la crise de Ceuta
- Pedro Sánchez préside ce mardi le Conseil de sécurité nationale, convoqué 26 jours après l'entrée irrégulière d'environ 80 000 migrants à Ceuta les 30 et 31 juillet.
- Plus de 5 000 personnes, dont 2 900 mineurs, se trouvent encore dans des campements provisoires ou dans les rues de la ville autonome.
- Le président de Ceuta, Juan Jesús Vivas, participe à la réunion en visioconférence, signe de l'implication des autorités locales dans la gestion de la crise.
Vingt-six jours après que quelque 80 000 migrants ont franchi irrégulièrement les frontières de Ceuta les 30 et 31 juillet, Pedro Sánchez a convoqué pour ce mardi matin une réunion du Conseil de sécurité nationale — premier acte institutionnel de poids depuis le début d'une crise dont la résolution reste, selon toute apparence, lointaine.
Une réunion tardive, dans une ville encore sous tension
La séance s'ouvrira à 8h30, soit quelques heures avant le premier Conseil des ministres organisé depuis la fin des vacances gouvernementales. La chronologie n'est pas sans signification : près d'un mois s'est écoulé entre l'effondrement du dispositif frontalier et la tenue de cette instance souveraine en matière de sécurité. Sur le terrain, plus de 5 000 personnes — dont 2 900 mineurs — demeurent hébergées dans des campements provisoires ou errent dans les rues de la ville autonome.
Vivas convoqué en visioconférence
Le président de Ceuta, Juan Jesús Vivas, a été associé à la réunion ; il y participera de manière télématique. Sa présence souligne la dimension institutionnelle de la crise, qui engage désormais conjointement le gouvernement central et les autorités de la ville autonome. Les modalités concrètes des décisions susceptibles d'être prises à l'issue de cette réunion n'étaient pas précisées dans les éléments disponibles.
Une normalisation encore hors de portée
La présence prolongée de milliers de personnes dans des conditions précaires — et notamment la situation des quelque 2 900 mineurs recensés — constitue le défi humanitaire et politique le plus immédiat. La crise fragilise par ailleurs la politique de voisinage de Madrid avec Rabat, dont les contours restent à ce stade incertains. La réunion du Conseil de sécurité nationale représente, 26 jours après les faits, la première réponse coordonnée au plus haut niveau de l'exécutif espagnol.
La réunion se tiendra au palais de la Moncloa et réunira, outre les ministres concernés, le chef d'état-major de la Défense Teodoro López, la directrice du CNI Esperanza Casteleiro et la directrice de la Sécurité nationale Loreto Gutiérrez. Il ne s'agit pas de la première concertation gouvernementale sur le sujet : Pedro Sánchez avait déjà présidé deux réunions télématiques avec ses ministres, les 7 et 17 août, pour analyser les différents scénarios de la crise. Par ailleurs, plusieurs membres du gouvernement doivent comparaître cette semaine devant les commissions parlementaires compétentes pour rendre compte de la gestion de la crise : la ministre de la Défense Margarita Robles ouvrira le cycle dès mardi à 12h30, suivie jeudi de Félix Bolaños et Mónica García, puis vendredi de Grande-Marlaska, Albares et Elma Saiz, et lundi 31 des ministres Sira Rego et Ana Redondo.