Criminalité et Justice

Condamnation pour le meurtre de Tupac Shakur : Davis coupable, Orlando Anderson dans l'ombre

Duane " Keffe D " Davis a été reconnu coupable lundi du meurtre de Tupac Shakur, trente ans après la mort du rappeur en 1996. La condamnation, fondée en partie sur les propres aveux de Davis, a suscité une réaction mêlée de soulagement et d'amertume parmi ses fans.

Écrit par Antoine Moreau

(il y a 1 h)

4 min de lecture

Que s’est-il passé ?

Duane " Keffe D " Davis, ancien chef de gang californien de 63 ans, a été reconnu coupable lundi du meurtre de Tupac Shakur, première condamnation pénale dans cette affaire depuis la fusillade de 1996.

Pourquoi c’est important

Ce verdict met fin à trente ans d'attente pour les fans du rappeur et dissipe en partie le halo de théories du complot qui entourait sa mort, selon des témoignages recueillis par The Guardian.

Lundi, un jury a rendu un verdict de culpabilité contre Duane " Keffe D " Davis pour le meurtre de Tupac Shakur, marquant la première condamnation pénale dans cette affaire depuis que le rappeur a été abattu en 1996. Pour des milliers de fans qui attendaient cette issue depuis trois décennies, la nouvelle a fait l'effet d'une onde de choc teintée d'une joie âpre.

Selon les éléments présentés au procès, Davis, ancien chef de gang californien, aurait orchestré la fusillade en représailles à une agression commise par l'entourage de Shakur contre le neveu de Davis dans le hall du MGM Grand Hotel, le 7 septembre 1996. L'accusation s'est notamment appuyée sur les propres confessions de Davis, dont son autobiographie publiée en 2019, Compton Street Legend, dans laquelle il décrit le déroulement de cette nuit fatale.

" Les choses finissent toujours par revenir "

À Seattle, Kelly Wilson, 48 ans, confie avoir été fasciné par Shakur à l'adolescence. " Il y avait beaucoup de profondeur en lui que je n'entendais nulle part ailleurs ", dit-il. Bien qu'il se décrive comme " irlandais blanc à cent pour cent ", Wilson dit avoir été touché par la philosophie du rappeur, qu'il résume ainsi : " Parler pour ceux qui n'ont pas de voix. " Son fils Julian, 22 ans, a établi un parallèle entre le procès et la chanson Hail Mary, enregistrée par Shakur en 1996 : " Certaines choses prennent du temps, mais elles finissent toujours par revenir. Même à l'époque, ils avaient la foi que la justice serait rendue, peu importe le temps que ça prendrait. "

Le père a toutefois exprimé des sentiments mitigés. Si le verdict offre " un dernier chapitre pour la famille et ceux qui ont besoin de guérir ", il le juge également " trop tard venu ", soulignant que d'autres personnes potentiellement plus impliquées sont décédées depuis. Les autorités ont longtemps soupçonné Orlando Anderson, neveu de Davis, d'avoir été le tireur ; Anderson est mort en 2004.

Sortir du folklore

Casey Rain, musicien britannique et ancien modérateur du forum HitEmUp.com dédié à Shakur, estime que la condamnation ancre enfin l'affaire dans la réalité. " Tout ce qui entoure son meurtre a existé dans cette zone grise entre événement historique et folklore. Qu'une personne soit condamnée pour l'avoir commis, ça l'enracine et le rend réel. Ce n'est pas une histoire de mythologie hip-hop. C'est un homme de 25 ans qui a été assassiné ", déclare-t-il. Rain souligne par ailleurs le paradoxe du dossier : " Ça a finalement été résolu parce que l'un des impliqués n'arrêtait pas d'en parler. C'est une ironie vraiment étrange. C'est stupéfiant. "

Davis, 63 ans, doit être condamné en octobre et encourt une peine d'au moins quarante ans de prison.

Articles liés: L'héritage de Tim Cook : Human Rights Watch, Xi Jinping et Donald Trump au cœur de la géopolitique d'Apple.

Sujets

Affaires non résoluesHip-hop

Personnes

Tupac ShakurOrlando Anderson

Source: The Guardian

Lire dans une autre langue

← Accueil